Peu de villes au monde peuvent rivaliser avec la mise en scène naturelle de Ronda. Perchée sur un plateau rocheux coupé en deux par la gorge vertigineuse d'El Tajo, profonde de près de 150 mètres, la ville semble défier le vide — et le Puente Nuevo, pont de pierre monumental qui enjambe le précipice, compte parmi les images les plus célèbres d'Espagne. Hemingway et Orson Welles en tombèrent amoureux, les voyageurs romantiques du XIXe siècle en firent une légende, et Ronda reste aujourd'hui l'excursion la plus spectaculaire de l'arrière-pays andalou. Repérez-la sur notre carte de l'Andalousie, au cœur de la serranía qui porte son nom.
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Que voir à Ronda
Le Puente Nuevo est évidemment le point d'orgue. Achevé en 1793 sous la direction de l'architecte José Martín de Aldehuela, après des décennies de travaux, il relie la ville moderne (El Mercadillo) à la vieille ville (La Ciudad) au-dessus du canyon creusé par le río Guadalevín. Admirez-le depuis le pont lui-même, puis depuis les balcons et jardins qui bordent la gorge — les jardins de Cuenca et le mirador de Aldehuela offrent des perspectives superbes. Pour la vue la plus photogénique, descendez par le sentier qui plonge au fond du Tajo : le pont apparaît alors dans toute sa démesure, dressé entre les parois rocheuses.
Ronda possède aussi l'une des arènes les plus anciennes et les plus élégantes d'Espagne : la Plaza de Toros de la Real Maestranza, inaugurée vers 1785. Berceau de la tauromachie moderne et de la dynastie des Romero, l'édifice néoclassique se visite avec son musée, que l'on soit ou non amateur de corrida : l'architecture et l'histoire du lieu valent à elles seules le détour.
Dans La Ciudad, la vieille ville d'origine mauresque, ne manquez pas le palais de Mondragón, dont les patios abritent aujourd'hui le musée municipal, l'église Santa María la Mayor élevée sur une ancienne mosquée, la Casa del Rey Moro et sa « Mina », escalier souterrain d'époque musulmane taillé jusqu'à la rivière pour sécuriser l'accès à l'eau, ainsi que les bains arabes du quartier de San Miguel, parmi les mieux conservés de la péninsule, en contrebas près du vieux pont.
Flâner dans la ville
Ronda se savoure à pied. Côté ville nouvelle, la carrera Espinel (dite « calle la Bola ») concentre commerces et pâtisseries, tandis que le paseo de Blas Infante et l'Alameda del Tajo ouvrent des balcons somptueux sur la vallée et les montagnes de la serranía. Côté vieille ville, les ruelles pavées descendent doucement vers la porte d'Almocábar et les anciens remparts. Le soir venu, quand les visiteurs à la journée sont repartis, la ville retrouve un calme délicieux : c'est le meilleur moment pour photographier le pont illuminé et s'attabler autour d'une cuisine de montagne généreuse — gibier, fromages et vins locaux, dont notre page gastronomie vous donne un aperçu. Les vignobles de la serranía, en plein renouveau, se visitent d'ailleurs volontiers.
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Autour de Ronda : la route des villages blancs
Ronda est la porte d'entrée idéale des villages blancs de la sierra. Le plus surprenant est sans conteste Setenil de las Bodegas, à une vingtaine de kilomètres, dont les maisons s'encastrent littéralement sous d'énormes surplombs rocheux. Grazalema, Zahara de la Sierra et Olvera, entre autres, composent des étapes superbes au fil des routes de montagne, entre oliveraies et parcs naturels propices à la randonnée. Notre page dédiée aux villages d'Andalousie vous aide à composer votre circuit, et la rubrique que faire recense les activités de pleine nature de la région.
Conseils pratiques
Ronda se visite en une journée bien remplie, mais une nuit sur place transforme l'expérience : matin et soir, vous aurez la gorge et le pont presque pour vous. La ville est très fréquentée en milieu de journée, surtout en haute saison — arrivez tôt. En voiture, garez-vous dans la ville nouvelle et poursuivez à pied ; les trajets en train ou bus depuis Malaga ou Séville sont détaillés dans notre guide transport. Prévoyez de bonnes chaussures si vous descendez dans la gorge : le sentier est raide et caillouteux. Enfin, l'altitude (environ 725 mètres) rend les soirées fraîches, même en été.
FAQ
Combien de temps faut-il pour visiter Ronda ?
Une journée permet de voir le Puente Nuevo, la vieille ville, les arènes et de descendre dans la gorge. Avec une nuit sur place, vous profitez des lumières du soir et du calme matinal, et pouvez ajouter un village blanc voisin comme Setenil de las Bodegas. Les randonneurs prolongeront volontiers vers la sierra de Grazalema.
Où se trouve le meilleur point de vue sur le Puente Nuevo ?
Le point de vue le plus spectaculaire se gagne en descendant le sentier qui mène au fond de la gorge, côté ouest : le pont s'y dévoile en entier entre les falaises. Sans effort, les jardins de Cuenca et le mirador de Aldehuela offrent déjà de très belles perspectives. Au coucher du soleil, la pierre du pont prend des teintes dorées magnifiques.
Peut-on visiter Ronda sans voiture ?
Oui, des trains régionaux (parfois avec correspondance à Antequera ou Bobadilla) et des bus relient Ronda à Malaga, Séville et plusieurs villes de la côte, et le centre se parcourt entièrement à pied. La voiture ne devient utile que pour explorer les villages blancs alentour, mal desservis par les transports en commun. Des excursions organisées combinent souvent Ronda et Setenil à la journée.
Ronda ou Setenil : faut-il choisir ?
Ne choisissez pas : les deux se combinent parfaitement sur une même journée, à vingt minutes de route l'une de l'autre. Ronda offre le grand spectacle monumental, Setenil l'insolite de ses maisons troglodytes. Commencez par Ronda tôt le matin, puis rejoignez Setenil pour le déjeuner sous les rochers.




